dimanche 29 mars 2009

La crise s’aggrave en France et en Europe

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Nicolas Sarkozy a voulu mardi « poser les repères » qui le guident dans la crise. En voici quelques autres : des repères de conjoncture qui ne devraient pas lui avoir échappé, non plus qu’à ses collègues du Conseil européen. En France, a révélé l’Insee, la consommation ne freine plus la chute de l’activité économique. Dans la zone Euro, indique l’institut Markit, le PIB devrait diminuer encore plus au premier trimestre 2009 qu’au dernier trimestre 2008.

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En France, la consommation des ménages en produits manufacturés a chuté de 2% en février. Après le sursaut des soldes en janvier, les achats de textile et cuir ont dégringolé de 8,7% en un mois et sont revenues à leur niveau de décembre 2002. La prime à la casse semble avoir perdu de son pouvoir d’entraînement et les ventes d’automobile ont stagné.

L’idée selon laquelle la protection sociale cuirasse la France contre la crise a du plomb dans l’aile. Le moral des ménages est tombé bien plus pas que durant la récession de 1992-1993 et durant la crise sociale de décembre 1995. La multiplication des plans de licenciements fait craindre un le-moral-des-menages-francais-insee.1237953174.PNG« effet de second tour », comme dirait Jean-Claude Trichet : un chômeur diminue sa consommation d’un quart en moyenne.

Dans ces conditions, espérer une reprise de l’investissement privé est illusoire : investir pour produire et vendre à qui ? On ne fait pas boire l’âne qui n’a pas soif. On assiste au contraire à baisses de prix qui témoignent d’une frénésie des industriels et des distributeurs à brader leurs stocks. Les prix de certains téléviseurs haut de gamme ont chuté de 500 euros en quelques semaines, un cinquième de leur prix.

Cette déflation affecte également les prix intermédiaires. L’institut Markit, dont l’indice composite de l’activité économique fait autorité, parle d’un « fort repli » de l’activité française en mars. Il ne décèle « aucun signe de reprise de la demande », mais témoigne d’un « taux de déflation record des prix des achats ».

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Mais c’est pour la zone euro que l’indice PMI des directeurs d’achat de Markit était très attendu. Cet indicateur avancé annonce l’évolution du PIB avec une précision remarquable. En témoigne le graphe ci-contre. Or si le PMI se redresse un peu en mars, il reste très négatif : « Ces données, commente Markit, semblent indiquer que la baisse du PIB sera, au premier trimestre, encore pus importante que celle enregistrée au dernier trimestre 2008 ».

En glissement annuel, le PIB de la zone euro (à douze) s’était contracté de 1,3% à l’automne 2008. C’était beaucoup plus que le PIB des Etats-Unis (-0,8%). L’indice PMI de Markit promet à la zone euro une pente proche de 2,5% pendant l’hiver 2009.

L’attentisme des gouvernements européens est déconcertant. Leur obsession de l’équilibre pib-trim-etats-unis-et-zone-euro-1997-2009-corrige.1237953619.PNG

budgétaire, rappelé tout récemment par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, est hors de propos. Ils confondent une fois encore la fin et les moyens. Ils n’envisagent pas la moindre action coordonnée, spectateurs muets d’un paradoxe saisissant : en Italie, où sévit une des plus graves récessions d’Europe, il n’y aura pas de plan de relance du tout !

Le Président français confond bon sens et insouciance : « Vous considérerez avec moi, remarquait-il vendredi, qu’il serait imprudent et difficile de dire que je dois modifier quelque chose qui n’est pas encore rentré en vigueur, ou que je dois évaluer des mesures qui ne sont pas rentrées en vigueur. »

Nul n’osera-t-il lui rappeler que la crise frappe depuis octobre et que cela fait six mois ?

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