mercredi 1 avril 2009

Le G20, un test pour Sarkozy et Merkel


Le front uni que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel présentent aujourd'hui au G20 est le seul moyen de faire entendre la voix de l'Europe et de défendre ses intérêts dans la nouvelle gouvernance qui se met en place en pleine crise économique.

La France et l'Allemagne, les deux principales puissances continentales, se serrent les coudes pour arracher des décisions concrètes en vue d'une régulation efficace du système financier international. Elles le font parce qu'elles y trouvent un intérêt commun et qu'elles doivent convaincre un président Américain encore tâtonnant, soumis aux pressions des intérêts de Wall Street, comme Gordon Brown est soumis à celles de la City.

Derrière la France et l'Allemagne, l'Europe est inexistante, la démission du premier ministre tchèque Mirek Topolanek ayant sabordé ce qu'il restait de présidence du Conseil européen et compromis encore un peu plus la ratification du traité de Lisbonne.

Angela Merkel, que l'on connaissait plus hésitante, est montée au front. Les graves difficultés du secteur bancaire outre-Rhin, l'inquiétude des épargnants et la hantise d'une flambée inflationniste lorsqu'il faudra financer les déficits de la relance impliquent, pour la dirigeante allemande, une exigence politique. A six mois des élections au Bundestag, elle doit absolument faire la preuve de sa vigilance.

La chancelière a trouvé en Nicolas Sarkozy un allié sur qui compter. Fini les divergences d'il y a encore un an sur la BCE, le pacte de stabilité et la gouvernance économique européenne. Fini les piques et les sarcasmes.

Pour le Président de la république, le G20 est l'occasion de prouver sa capacité à combattre la crise et à conduire à son terme le processus qu'il avait lancé en suggérant le précédent sommet de Washington, en novembre dernier. Le retour de la France dans l'Otan, qui sera célébré samedi à Strasbourg, rehausse son autorité et le pousse, sans doute, à élever la voix face aux États-Unis.

Ces convergences ont amené Nicolas Sarkozy et Angela Merkel à rallumer le moteur franco-allemand. Au sortir de la présidence française de l'Union Européenne, c'était la seule façon pour Paris de continuer à peser sur une Union européenne à la dérive. L'arrivée au gouvernement du germaniste Bruno Le Maire a facilité ce virage, crucial pour l'avenir des relations avec l'Allemagne et pour l'Union européenne.

En ce moment, Berlin a besoin de Paris et Paris a besoin de Berlin. C'est un instant qu'il ne fallait pas laisser passer. Il peut être fugace mais aussi porteur d'espoir, puisqu'il comporte l'ébauche d'une politique économique commune dont les Allemands, pendant longtemps, n'ont pas voulu entendre parler.

Ainsi, dans ce G20 où se mettent en place les nouveaux équilibres mondiaux, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy jouent enfin la partition européenne que leurs prédécesseurs avaient jouée en leurs temps. Pour l'avenir de l'Europe et pour l'avenir de relations transatlantiques rénovées, il faut espérer qu'ils réussiront.

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